Les Didisheim

La famille Diedesheim est originaire de la commune d’Allschwil, près de Bâle en Suisse. Elle émigre en 1694, à Hegenheim en Alsace, France. Le nom Deidesheim se transforme alors au fil du temps en Diedisheim, Didisheim ou encore Ditisheim.

Marc et Emmanuel Didisheim sont les pères fondateurs du comptoir d’horlogerie Didisheim à Saint-Imier en 1850. Très vite, ils se répartissent les rôles, Emmanuel s’occupe de la partie horlogère, Marc se réserve l’aspect commercial. Une des grandes raisons de leur succès, outre la fiabilité immédiate de leur production, réside dans leur croyance en la mécanisation de l’horlogerie. Dès 1854, ils construisent un atelier qui s’étendra rapidement pour faire face à l’afflux des commandes.

En 1891, les fils de Marc prennent la succession, Emmanuel n’ayant pas d’enfant. Là encore la répartition des rôles est claire. Henri-Albert, secondé brièvement par ses frères Charles et Edgar donne ses lettres de noblesse à l’entreprise familiale. C’est sous son « règne » que la marque Marvin est déposée (1893), s’implante à la Chaux de Fonds (1894), devient une manufacture (1912).

C’est un autre fils de Marc, Hyppolite, dit Hipp, aidé de son frère Bernard qui internationalise la marque. Il débarque à New-York le 2 octobre 1893, après avoir voyagé, avec sa femme et sa fille sur le bateau « La Bretagne », au Havre. Les registres d’Ellis Island le présentent comme un importateur, résident aux Etats-Unis. Sur place, il se rend à l’exposition universelle de Chicago, la World’s Columbian Exposition, qui célèbre le 4ème centenaire de la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb.

Les modèles de la fabrique Albert Didisheim et Frères y sont remarqués : «Pour terminer, nous mentionnerons encore la collection de montres de messieurs Albert Didisheim et Frères à Saint Imier. Il y a là un grand assortiment de pièces calibres trois-quarts platine, genre Glassite, ainsi qu’à ponts dorés et en nickel, toutes témoignent d’une main d’œuvre soignée. Nous voyons ici aussi un chronographe, système simplifié, ainsi que de belles décorations en gravure et en or rapporté » in Journal Suisse d’Horlogerie, décembre 1893.

Conscient des débouchés qu’offre le marché américain en plein essor et en attente de montres de qualité suisse, Hyppolite ouvre une boutique à New-York. Une publicité de l’époque assure que les mouvements conviennent à tous les boitiers de montre américains.

Il profitera de cet engouement pour importer les montres bracelets de la Chaux de Fonds dont les clients américains sont friands et dont l’industrie horlogère américaine n’a pas mesuré l’ampleur.

La fin de la 1ère guerre mondiale voit une nouvelle génération de Didisheim arriver à la tête de la manufacture. En 1917, Marc, René et Jean prennent la succession de leur père Henri Albert. Ils font prospérer la manufacture, l’une des plus importantes de la Chaux de Fonds en 1918. Ils développent plus encore la mécanisation de la fabrication.

Fidèles à la tradition familiale, ils se répartissent les rôles : Marc et Jean s’occupent de l’aspect commercial, Jean part ainsi pour des voyages commerciaux qui peuvent durer 6 mois. René s’occupe du management et de la technique. René et Jean ont une fibre sociale développée : Ils créent un fonds de prévoyance qui permet à l’ouvrier malade de toucher la moitié de son salaire pendant 300 jours, puis une caisse de retraite qui complètera le versement de l’assurance vieillesse.

Lors de la seconde guerre mondiale, Marc part pour les Etats-Unis, avant de revenir mourir à la Chaux de Fonds à 102 ans, Jean décède en 1944, et René s’éteint en 1966.

Ce dernier avait préparé sa succession, en faisant rentrer son fils Pierre en 1939, et son neveu Raymond, fils de Jean, en 1946. Respectueux de la coutume familiale de partage des rôles, Pierre, surnommé « Pistolet » prend en charge le commercial et Raymond le management. Ils sauront s’entourer d’un très bon directeur technique et ce triumvirat fera perdurer la réputation de Marvin jusqu’à l’arrivée massive du quartz dans l’horlogerie. Conscients des défis à relever face à cette révolution horlogère, Pierre et Raymond décident alors de s’allier avec le groupe MSR.

  • JEAN DIDISHEIM, 3ème génération
  • RENÉ DIDISHEIM, 3ème génétation
  • PIERRE DIDISHEIM, 4ème génération
  • HENRI-ALBERT DIDISHEIM, 2ème génération
  • RAYMOND DIDISHEIM, 4ème génération